Le combustible CANDU 6
Le combustible neuf
L'uranium naturel est extrait dans le bouclier canadien en Saskatchewan et au nord de l'Ontario. Le minerai d'uranium est converti en «yellow cake» (U3O8) à la mine, puis transporté à la raffinerie à Port Hope (Ontario) pour être transformé en dioxyde d'uranium (UO 2 ), une poudre noire. Ensuite, la poudre est comprimée en pastilles et durcie au four, ce qui lui donne les propriétés d'une céramique.
On appelle le combustible reçu du fabricant du «combustible neuf». On peut le manipuler en toute sécurité, mais il faut être prudent parce qu'une grappe de combustible endommagée est inutilisable. Le combustible arrive par camion de transport ordinaire. Normalement, on stocke assez de combustible pour environ un an à la centrale.
Selon les besoins, on charge du combustible neuf dans le réacteur au moyen d'une machine à combustible. Une machine à combustible identique enlève simultanément le combustible irradié de l'autre bout du canal. Le chargement du combustible en cours d'exploitation est une des caractéristiques uniques du système CANDU. Le personnel du groupe de Manutention du combustible entretient et utilise l'équipement commandé par ordinateur qui charge le combustible neuf dans le réacteur et enlève le combustible irradié.
Le combustible épuisé
Le combustible épuisé, irradié dans le réacteur, est stocké dans l'eau. L'eau constitue un bon bouclier contre le rayonnement et enlève la chaleur des grappes de combustible. Après sept ans de refroidissement sous l'eau, le combustible épuisé peut être stocké à sec sur place.
Depuis 1991, les installations de stockage supplémentaires à Point Lepreau sont des silos de béton pour le stockage à sec du combustible épuisé. Quand le combustible sort du réacteur, il est très radioactif, mais ce niveau diminue très rapidement. Après une heure en dehors du réacteur, les grappes de combustible épuisé ont perdu plus de 60 % de leur radioactivité. Après 10 ans, 99,9 % du rayonnement a été éliminé par la désintégration normale.
On pourrait bien garder le combustible épuisé à Point Lepreau pendant une période indéfinie, mais on a l'intention de le déménager dans un site permanent à l'avenir. Le laboratoire Whiteshell d'Énergie atomique du Canada ltée (EACL) au Manitoba a la responsabilité des arrangements de stockage à long terme au Canada.
Loi fédérale sur la gestion à long terme des déchets du combustible nucléaire
En avril 2001, le gouvernement du Canada a déposé une nouvelle loi sur la gestion à long terme des déchets du combustible nucléaire.
En vertu de cette loi, les Entreprises nucléaires doivent former un organisme de gestion des déchets qui offrira des recommandations au gouvernement du Canada sur la gestion à long terme des déchets nucléaires. Ces Entreprises doivent aussi établir un fonds de fiducie pour payer les frais du stockage à long terme.
Ontario Power Generation, Centrale hydroélectrique-Québec, Énergie NB et l'EACL collaborent pour planifier les prochaines étapes et les protocoles d'implantation. Un comité étudie la loi actuellement.
Solution à long terme proposée
Le Canada a entrepris des activités de recherche et développement sur la gestion à long terme des déchets nucléaires. Selon une proposition de l'EACL, le combustible épuisé sera stocké dans des contenants résistants à la corrosion et enfoui de façon permanente profondément dans les rochers stables du Bouclier canadien. Les contenants seraient à une profondeur de 500 à 1 000 m. Le combustible épuisé continuerait à perdre sa radioactivité, à l'abri de tout contact avec les êtres humains et la biosphère.
Un autre composant important de la proposition vise le transport du combustible épuisé au lieu d'enfouissement. On a créé des châteaux de transport spéciaux qui peuvent résister à toutes sortes d'accidents. Par exemple, ils peuvent tomber sur une surface dure, être exposés à une chaleur de 800 °C pendant 30 minutes ou être immergés dans l'eau pendant 8 heures. Ces tests assurent la longévité des châteaux et la protection du public canadien et de la biosphère.